Après une rando sur l'Aubrac ...

Nous avons testé pour vous l’aligot, plat emblématique de l’Aubrac. De nombreuses légendes courent sur sa création. Toujours est-il qu’on peut encore le déguster sur le plateau de l’Aubrac, et qu’il est toujours aussi réconfortant, quel que soit le contexte où on le déguste. Pour nous, ce sera après une jolie marche de quelques heures. Ce matin nous nous sommes levés aux aurores pour profiter d’une randonnée sur le plateau avant le soleil de l’après-midi. Nous nous arrêtons aux environs de midi, heureux d’avoir parcouru plus d’une dizaine de kilomètres à travers des paysages à couper le souffle : grandes étendues à perte d’horizons, cours d’eaux qui se terminent en cascades, forêts de hêtres mystérieuses …

... on reprend des forces à l'auberge du Radal !

C’est donc épuisés mais heureux que l’on s’attable à midi à l’auberge du Radal pour déguster le fameux plat de l’Aubrac. L’aubergiste connait son métier : il le prépare devant nos yeux tout en parlant avec amour de son pays. Avec force et dextérité, il fait filer l’aligot de plus en plus haut, jusqu’à ce qu’il l’estime prêt à être dégusté. Pas de temps à perde : une fois que le plat arrête de chauffer, il faut le manger sans attendre, sous peine de voir l’aligot « retomber ».  

https://youtu.be/aHENNBCG5N8

Un repas copieux et savoureux ...

Charles Dauban s’approche de nous et nous sert habilement l’aligot, directement dans notre assiette. Il faut dire qu’il a de l’entrainement. La famille Dauban a « l’Aubrac au cœur », comme ils disent. Depuis 1975, elle tient cette auberge perchée sur le Col du Trébatut. Située à l’entrée du haut plateau, sur la route des Lacs, elle accueille depuis toujours une clientèle de fidèles mais aussi de gens de passages. Depuis quelques années, on y retrouve de plus en plus des randonneurs qui s’y arrêtent pour une pause bien méritée, avant de continuer leur chemin vers Saint-Guilhem-le-Désert ou Avignon. L’accueil y sera pour tous chaleureux, tandis qu’il préparera l’aligot devant leurs yeux.

Une fois l’aligot servi aux côtés d’une bonne pièce d’Aubrac, la dégustation peut commencer. Amoureux du fromage, ce plat est fait pour vous : la tomme file au fur et à mesure qu’on fait tourner la fourchette, et une fois en bouche sa saveur n’a pas de comparaison. Il en faut cependant peu pour remplir un estomac. L’assiette est largement suffisante et nous refusons du rab quand Charles nous le propose. Nous voisins de tables sont moins raisonnable de nous puisqu’ils en reprennent volontiers.

... suivi d'une balade jusqu'au point de vue du Radal

Un dessert avalé et le repas terminés, nous décidons de clore cette sortie au Trébatut par une petite marche digestive direction le Radal, point de vue à 180° perché à quelques centaines de mètres au-dessus de l’auberge. De là-haut, on admire la Vallée du Lot d’un côté et le début des Mont d’Aubrac de l’autre, tandis qu’une table d’orientation nous aide à nous repérer dans l’espace.  On admire pendant quelques minutes le paysage devant nos yeux, tandis qu’on se dit que l’on mangerait bien un bon aligot pour le repas du soir …

Rendez-vous au Col de Bonnecombe le 25 mai

Depuis longtemps j’entends parler de la transhumance organisée au Col de Bonnecombe par l’association Aubrac Sud. Des gens viennent de toute la France pour assister à cet évènement. Ils restent parfois plusieurs jours et en profitent pour visiter l’Aubrac. Ainsi, chaque année, le dimanche le plus proche du 25 Mai – la Saint-Urbain étant la date traditionnelle des transhumances – on peut voir fleurir sur cette partie du plateau, habituellement domaine des promeneurs et amateurs de sports d’hiver, des personnes attendant l’arrivée des belles Aubracs. Jeunes et moins jeunes, locaux ou visiteurs venus de loin, ils sont tous impatients de voir arriver le premier troupeau.

J’arrive à 9h et je trouve une place sur le parking, un champ mis à disposition pour l’occasion. Puis, je parcours les stands du marché organisé sur lequel je retrouve artisans et producteurs locaux … Les bonnes odeurs de la cuisine traditionnelle aubracoise commencent déjà à chatouiller nos narines tandis que l’on parcourt les allées déjà remplies de visiteurs. L’émotion est palpable : tout le monde attend le premier troupeau ! Mais auparavant, il y a la traditionnelle messe célébrée sous le chapiteau. Des danseurs ont revêti leurs plus belles tenues et nous offrent des démonstrations de danse folklorique, accompagnées par des musiciens enjoués. Enfin, l’heure approche. Les connaisseurs commencent à se placer aux premières loges, tandis que les autres continuent à parcourir les allées du marché et en profitent pour réserver leur ticket pour le repas traditionnel proposé à midi.

Elles arrivent !

Enfin, on peut entendre le tintement des cloches qui résonne à travers le plateau, signe que les belles aubrac ne sont plus très loin. Elles sont facilement repérables parées de leurs plus beaux atours, leurs couronnes de roses ou de genêts perchés sur leurs têtes.

Enfin les voici, accompagnées de leurs veaux. Elles traversent la foule émerveillée, tandis que les éleveurs les guide vers le parc qui leur est attribué le temps d’une pause. La foule retient son souffle au passage du taureau, qui malgré sa docilité impressionne les petits comme les grands. Puis peu à peu, les troupeaux suivant arrivent. Chacun trouve sa place dans son parc où les vaches peuvent prendre une pause bien méritée avant de repartir pour leurs pâturages d’été, à quelques pas d’ici. Les éleveurs, fiers de leurs bêtes, et on les comprend, présentent à tour de rôle leur exploitation.

Il est midi,  l’heure de se restaurer enfin. Au menu, bien entendu, un aligot accompagné de sa charcuterie traditionnelle et de la saucisse locale. Quoi de mieux que de la déguster sur ce col de l’Aubrac, entourés des troupeaux qui produisent la tomme fraîche, ingrédient indispensable de ce plat typique.

Au plus près des belles Aubrac

La fête continue à battre son plein, tandis que les curieux s’approchent au plus près du troupeau. Avez-vous déjà vu une Aubrac de près ? J’ai été ébahie devant les nuances de sa robe incroyablement subtile, les détails de ses yeux maquillés ou la beauté de ses cornes levées vers le ciel. Trop dangereuse à approcher dans les champs lors des randonnées, la transhumance m’a donné l’opportunité d’approcher cette vache à la beauté célèbre. En fin d’après-midi, les troupeaux sont repartis un à un vers leurs pâturages d’estive, à quelques kilomètres de là. Des marcheurs courageux accompagnent les éleveurs qui les guident. Je les vois s’éloigner petit à petit à travers les routes sinueuses du plateau. Autour de moi, l’ambiance s’estompe, et les visiteurs semblent, comme je le suis moi-même, heureux et déjà nostalgiques de cet évènement qui ne se déroule qu’une seule fois par an.