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Départ 13h30 de la Malène

Le ciel est bleu et le Tarn qui revêt sa couleur aux reflets émeraudes ondule joyeusement à travers les deux grandes falaises qui l’encercle. Quoi de plus agréable pour découvrir les Gorges que de faire une balade en barque avec un guide qui connait l’endroit comme sa poche ?

Nous montons dans la barque avec Éric, batelier depuis presque 30 ans. Cet amoureux des Gorges a quitté sa vie tranquille à Montpellier et son travail dans l’administration pour venir s’installer sur la terre de ses grands-parents, qu’il venait visiter l’été durant son enfance. Un pari fou, ont dit certains, aujourd’hui récompensé : les Bateliers des Gorges du Tarn, qui proposent leurs services aux touristes depuis les années 1875, sont toujours des figures emblématiques des Gorges, et les générations précédentes ont réussi à perpétuer leur passion et leur savoir-faire à des jeunes gens qui assureront la relève.

La visite avec Éric

Dès le début de la visite nous sommes émerveillés par le paysage : les falaises qui nous surplombent nous offrent des formes à nul autre pareil, l’eau cristalline du Tarn complétant le tableau. Éric nous explique alors avec passion comment se sont formées les gorges, et pourquoi les rochers des falaises prennent parfois des aspects si particuliers.

Il nous explique également sur les 53 km des Gorges du Tarn, 40 résurgences provenant de sources et fournissant en volume la moitié de l’eau de la rivière, permettent de tempérer l’eau à 20° l’été : c’est très important pour les truites qui ne supportent pas une eau trop chaude. Et la rivière n’accueille pas que des truites : dans les airs, sur les falaises ou sous l’eau, les Gorges grouillent de vie. Au cours de la visite nous appercevrons de jolies bergeronnettes grises et des cingles plongeurs au bord de la rivière, tandis que les majestueux vautours fauves tournoient au-dessus des falaises. Certains habitants qui sont de taille plus raisonnable se font pourtant moins discret : la grenouille hurleuse qui porte bien son nom nous étonne par son cri rauque. Il parait que les loutres peuplent de nouveau les eaux cristallines de la rivière … tout comme les castors, qui laissent de nombreuses traces sur les berges. Les étonnantes « grassettes à longues feuilles », plantes carnivores aux belle fleurs violettes, complètent le tableau.

Une rivière exceptionnellement préservée

Si toutes ces espèces peuplent les Gorges, c’est parce que la Tarn est une rivière exceptionnellement préservée. De son point de départ jusqu’ici, il n’aura traversé aucune ville excepté Florac : ainsi, pas d’industrie et peu d’habitations sur son sillage, il arrive ici presque vierge de toute source de pollution. La Lozère, surnommé « le pays des 1 000 sources », compte 3 000 km de rivière classée en 1er qualité pour leur eau : un taux exceptionnel pour ce département où la nature est reine.

Nous arrivons aux Détroits : c’est ici la partie la plus haute et la plus étroite des Gorges, de la berge jusqu’au haut des falaises, 500 mètres nous séparent. Notre guide nous confesse que c’est ici sa partie préférée des Gorges. Et l’on comprend pourquoi : les falaises qui nous encerclent sont à nul autre pareil. Comment ne pas se sentir privilégié quand on sait que cette vue digne des plus belles cartes postale est uniquement accessible de la rivière ?

Sur les traces de nos ancêtres

En continuant notre balade sur l’eau, nous voilà devant le charmant hameau de la Croze à l’architecture typique : habité dès le XIIème siècle, il prend désormais vie pendant les quelques mois d’été. Si la nature ici est reine, les humains ont su dès la nuit des temps vivre en harmonie avec elle. Certaines « baumes », grottes qu’abritent les falaises, ont accueillis des Hommes dès le néolithique, et l’on trouve au cœur des Gorges des traces d’habitations dès le Vème siècle de notre ère ! Éric nous indique que la route des Gorges que nous avons empruntée pour venir, n’a été construite qu’en 1905 … difficile de s’imaginer vivre ici, avec pour unique moyen d’accès et de transports des marchandises, les barques ! Pas étonnant si les bateliers ont ici toujours occupé une place indispensable, et l’on retrouve des traces de l’utilisation de la barque dès le VIème siècle.

On profite encore un peu du paysage avant que la balade ne s’achève … cette bonne heure en compagnie de notre guide nous aura semblée ne durer qu’un instant ! On est bien ici à voguer sur la Tarn, au rythme de la rivière qui ondule. On le laisse continuer sa course tandis qu’on accoste sur une plage, et nous laissons guider par le mini-bus jusqu’à notre point de départ, des images toujours plein la tête, avec l’envie de recommencer encore et encore !