-A +A

Le petit patrimoine de l'Aubrac

Ne sous-estimons pas le « petit patrimoine » de l’Aubrac, petit par le nom, mais grand par le passé dont il est témoin.

Le petit patrimoine sur le plateau de l'Aubrac

N’est-elle pas émouvante, cette croix de chemin qui orientait et rassurait autrefois les pèlerins et les bergers ? Ces charmants fours à pain et autres séchoirs à châtaignes que l’on croise dans les hameaux et village, ne portent-il pas devant nos yeux le passé des ancêtres de ces lieux ?

 

 

Le Four à Pain

Dans les campagnes lozériennes où la vie était rude et où l’ombre de la disette planait constamment sur la population, le pain était indis­pensable. Avant le développement des boulangeries, les habitants du village se retrouvaient régulièrement autour du four banal, où l’on pro­cédait à sa fabrication. Les fours sont la plupart du temps construits sur le même plan : ils se composent d’un hangar en toit charpenté ou voûté couvert de lauze, ainsi que d’une chambre de chauffe protégée par des murs maçonnés et toujours voûtée afin de conserver la chaleur.

Le métier à Ferrer

Il servait comme l’indique son nom à ferrer les animaux utilisés pour le débardage et les travaux des champs. On ferrait principalement des vaches et des bœufs, plus placides que des chevaux. Ces «ferradous», comme on les appelle ici, sont les témoins du passé agricole lozérien et se font désormais de plus en plus rares car la plupart, en bois, su­bissent l’usure du temps et nécessitent d’être entretenus.

Les croix

La Lozère possède de très nombreuses croix. Elles sont le symbole de la ferveur religieuse qui animait le Gévaudan autrefois. Leur grand nombre ne doit pas faire oublier que chacune que vous croiserez sur votre route est là pour une fonction précise. On peut les classer en plusieurs grands groupes : croix de christianisation placées sur des lieux de cultes païens, croix de culte des morts, croix de pèlerinage, croix de procession et de mis­sion et enfin croix de bornage. Celles placées aux abords des chemins et des ponts per­mettaient aussi de rassurer le voyageur dans ces contrées rudes et reculées, car elles évo­quaient la présence de Dieu sur des chemins dangereux et pourvoyeurs de bien des maux.

Le séchoir à châtaigne

On trouve parfois sur les contreforts de l’Aubrac des séchoirs à châtaignes, ou « secadous » en occitan. Dans cette partie de l’Aubrac, les châtaigniers sont très répandus et fournissaient la base de l’alimentation des hommes pendant les hivers sou­vent très rudes. On trouve ainsi de nombreux séchoirs disséminés sur le terri­toire car ils permettaient de conserver les châtaignes, parfois plusieurs années. On les ramassait à l’automne, certaines familles pouvaient alors en accumuler plus de 300 kg. On les faisait ensuite sécher pendant 10 à 30 jours en les dépo­sant sur une grille placée dans le sécadou chauffé par de l’air chaud mélangé à de la fumée, puis on les décortiquait à la main. Ainsi préparés, les châtaignons pouvaient se conserver pendant 3 ou 4 ans.