Lac de Saint-Andéol

Découvrez les mystères du plus célèbre lac de l'Aubrac

Le Lac de Saint-Andéol

Le lac de Saint-Andéol, avec ses 12 hectares et 15 mètres de profondeur est le plus grand des lacs de l'Aubrac. Situé sur la commune de Marchastel, il voit régulièrement les randonneurs du chemin de Saint Jacques de Compostelle s'arrêter pour le contempler. Lieu de pèlerinage dans les temps anciens, une immense croix de granit le domine.

Le lac de Saint-Andéol, sacré depuis la nuit des temps, est déjà mentionné comme site de rituels païens au VIe siècle par Grégoire de Tours. Il est constitué par une retenue d’eau d’altitude, qui s’est naturellement aménagée peu à peu, dans les restes d’un ancien cratère de volcan du plateau de l'Aubrac. On s’y rendait en procession pour guérir d’ulcères, de rhumatismes...

Il y a de nombreuses légendes qui planent sur ce lieu. Selon une tradition encore citée au XIXe siècle « il y avait là autrefois une ville, qui fut engloutie en une nuit et transformé en lac pour punir les habitants de leur inhospitalité ». (Broca, 1872). Saint Grégoire de Tours dans son « Histoire Ecclésiastique des Francs » disait que « Depuis un temps immémorial se réunissaient sur les rives, chaque année, le deuxième dimanche de juillet, entre 4000 et 5000 personnes, pour adorer le dieu des eaux, se baigner, festoyer et jeter dans le lac des denrées comestibles, la fourme, les toisons de moutons, des pièces de cuivre, d’argent et d’or. » Au IIIème siècle, Saint-Andéol, apôtre du Vivarais (territoire qui s’étendait sur l’actuel Ardèche et une partie de la Lozère), vint au lac sacré dans l’intention de faire stopper ces pratiques païennes. Il construisit alors une chapelle dédiée à Saint-Hilaire. Désormais disparue, cette chapelle située à environ 1500 mètres à l’Est du lac, est la seule église de l’Aubrac. dont on puisse faire remonter la construction au très Haut Moyen-Age. Elle devint par la suite église paroissiale.  Ses ruines se trouvent à une centaine de mètres au Nord du Buron Saint-Andéol. Chaque année, les fidèles et le prêtre de Marchastels faisaient une procession jusqu’à la chapelle. On continua jusqu’au XIXème siècle à jeter des offrandes dans le lac et à y pratiquer des cérémonies païennes. En 1867, au cours d’une rixe, en gendarme fut tué. A la suite de cet évènements les autorités interdirent les festivités sur les rives du lac.

Aujourd’hui encore, et malgré les fouilles déjà menées par nombre d’archéologues, le lac n’a pas fini de révéler tous ses secrets. Ils y ont retrouvé nombre de petites sculptures de l’époque gallo-romaine mais également des vases d’origine protohistoriques, quelques pièces de monnaies et des bouts de bois rongés par des castors, longtemps considérés comme des restes d’une cité lacustre légendaire. Un peu plus loin, sur les hauteurs, se dresse une croix sur l’emplacement d’un « fanium », petit temple antique.

Venez découvrir ce site d’exception, lieu de rituels qui se sont succédés à travers les millénaires. Venez parcourir les immensités de l’Aubrac. et partir à la rencontre de ce lac aux eaux sombres et mystérieuses qui continuent à nourrir des légendes venues du fond des âges.