Château de Canilhac

Découvrez l'une des plus puissantes baronnies du Gévaudan !

Situé dans la Vallée du Lot en bordure du Causse de Sauveterre, le petit village de Canilhac, qui porte désormais le nom de Banassac-Canilhac après avoir fusionné il y a peu avec la commune proche de Banassac, fut le siège pendant de nombreux siècles de l’une des huit baronnies du Gévaudan : celle des seigneurs de Canilhac, l’une des plus puissantes de la région. S’étendant du Rouergue, actuel Aveyron, au Gévaudan où ils possédaient plusieurs châteaux, elle régnait sur un territoire très vaste et contrasté. Elle connut maintes péripéties au cours des siècles. Le château que vous pouvez aujourd’hui observer à Canilhac était déjà en ruines au XVIIème siècle. Il a pu cependant bénéficier d’une restauration récente qui a permis de stabiliser son état. Venez-donc découvrir l’histoire de cette baronnie et marcher sur les pas de cette célèbre famille Gévaudanaise.

Architecture du château

Les ruines que vous pouvez visiter sont celles d’un château datant probablement du XIIème siècle, qui fut le fief de la baronnie des Canilhac. On peut encore y observer une courtine où la diversité des pierres et les différents appareils, notamment en arrêtes de poisson, indiquent que les murs, qui semblent plus anciens, ont été réparés de multiples fois. Une salle basse, voûtée, a été aménagée pour accueillir une pièce de la Mairie, aujourd’hui transférée dans celle de Banassac. La présence d’une cheminée à l’étage indique que ce niveau était probablement réservé au seigneur. Le reste du château est malheureusement trop ruiné pour en reconnaître les parties originelles et leurs fonctions.

 

Histoire de la baronnie

Dès le VIIIème siècle le seigneur de Canilhac est le « dominus » de tout le pays du Gévaudan : il maintient la paix, est garant la justice et assure la défense du territoire sur lequel il a autorité . Entre 1050 et 1097, Albert de Canilhac prête allégeance au vicompte Béranger de Millau et du Gévaudan. Il prête alors serment de tenir les châteaux de Canilhac, Saint-Laurent d’Olt et de Saint-Aman, de Brametourte et des Hermaux. Nous avons ici une idée du domaine très étendu de la famille. Au XIIème siècle Louis VII le Jeune accorde par Bulle d’Or la souveraineté temporelle légitime du Gévaudan l’évêque Alderbert III, les Canilhac se retouve alors sous son autorité. Au XVIIème la famille décline. Des bandes de bandits dont certains font partie des hommes de main du seigneur de Canilhac sont accusés d’avoir mené un grand nombre de pillages notamment dans le secteur de Saint-Germain du Teil et de Montjézieu. On met alors en place à partir de 1665 un tribunal d’exception, « Les grands jours d’Auvergne », afin de mettre au pas les nobles gévaudanais. Cinq membres de la famille seront condamnés à la suite des procès, un seul sera finalement exécuté, le vicomte de Lamothe-Canilhac, en octobre 1666 à Clermont. En novembre et décembre de la même année on condamnera de nouveau quelques personnalités du Gévaudan, dont les sieurs de Beauforts père et fils, marquis de Canilhac. A la même époque, des guerres privées intestines prennent en Gévaudan. La famille Canilhac a perdu de sa superbe et de son pouvoir. Elle vend son domaine au Marquis de Morangiès en 1748, qui transfère le siège de la baronnie à son château de Saint-Alban, en Margeride.

D’où vient le nom de «Canilhac» ?
- La légende d’Ermangarde-


Selon la légende le nom de « Canilhac » proviendrait des deux lévriers de la reine Ermangarde. Jeune femme ne possédant pas une grande beauté, elle était cependant réputée pour sa générosité et sa bonté sans pareil. Elle avait épousé Geoffroy de Montaigut. Homme rustre, cruel et avare, il ne s’était marié avec elle que pour dilapider sa fortune. Il partit un jour à l’aventure pendant que sa femme, protégée par ses deux fidèles lévriers, gardait le château et faisait prospérer leurs biens. A son retour, quelques années plus tard, son cupide mari voulant s’accaparer toute la fortune s’introduisit dans la chambre de sa femme dague au point. Celle-ci tomba de peur et se croyant désormais veuf, Geoffroy transporta son corps jusqu’au sous-sol du château. Germain, un serviteur dévoué la retrouva la nuit même grâce au flair de ces deux lévriers. La dame se vengea le lendemain en pénétrant le soir venu accompagnée de ces deux chiens dans les appartements de son époux. Ils se précipitèrent sur lui et le tuèrent avant que celui-ci n’ait eu le temps de réagir. Le corps mutilé fut abandonné aux vautours sur la terrasse du château. A compter de ce jour Ermangarde décida d’abandonner le nom de son défunt mari pour celui de Canilhac, "les chiens liés". Son blason est d’ailleurs un lévrier, tout comme celui de La Canourgue où la famille possédait un château sous son commandement.