Château de Saint-Saturnin

Aux pieds de l'impressionnant cirque rocheux, un château aux allures de contes de fées ...

Le château de Saint-Saturnin, histoire et architecture

On sait qu’un château existait déjà au XIIème siècle à Saint-Saturnin, appartenant au début à un seigneur de Cénaret , comte de Montferrand, de la famille du Pape Urbain V. A cette époque une liste des fiefs situés dans le diocèse de Mende fait état que le château est un « fief royal », c’est-à-dire qu’il dépend directement du roi de France. La tour carrée est probablement le plus ancien élément d’architecture du château actuel. Elle daterait de la fin du XIIIème siècle ou du début du XIVème siècle. Le corps de logis est situé au sud car c’est le côté le mieux exposé et le moins vulnérable. D’autres bâtiments secondaires sont adossés aux murs du quadrilatère. Le XVIème est le temps des guerres de religions. Des remaniements en matière d’architecture défensive sont entamés : la tour Nord-Est est reconstruite. Plus grande, elle occupe à la fois la fonction de logement et de défense, et devient plus confortable. Vers 1630, un baron de Cenaret vend le château à Louis de Loubeyrac, qui mariera sa fille à Bernardin Ysarn de Freissinet, baron de Valady. Le couple décide de faire du château Saint-Saturnin sa résidence principale. Ainsi, des grands travaux sont effectués afin que le château réponde mieux à cette fonction. On remanie le corps de logis et ont y construit trois cheminées monumentales, toujours visibles à l’intérieur du château. On bâtit l’escalier desservant les deux parties du corps de logis. On construit également une aile ouest, ouverte par de grandes baies et une porte majestueuse surmontée des armoiries de la famille. Le château sera la résidence principale de la famille de Freissinet jusqu’en 1752, date à laquelle le Marquis meurt prématurément et sa veuve décide de partir et de le confier au fermier du domaine pendant une quarantaine d’année. Il appartient en 1794 à Godeffroy de Freissinet-Valady, député de l’Aveyron condamné à mort à la Convention, pour avoir voté contre la mort du Roi. Parmi ses biens seront cités « un vieux château audit Saint-Saturnin ». Deux ans plus tard, sa veuve décide de s’installer au château et d’entamer des réparations, les dernières avant sa dégradation. Faute d’héritier direct, l’occupant suivant est le comte Charles-Casimir de Freissinet-Valady de Laguépie. Il n’entretient pas le château, cède une partie du rez de chaussée à un fermier dans les années 1840 et le lèguera à sa mort à l’évêché de Mende. L’évêché en fera une résidence d’été pour les membres du clergé avant de le vendre pour une bouchée de pain afin de financer l’achèvement du porche de la cathédrale de Mende. Le repreneur est Monsieur Camille Samson, qui en fait un entrepôt de matériaux pour son entreprise de récupération. A cette époque le château est déjà très délabré mais conserve encore les couvertures de ses bâtiments. L’aile d’entrée à l’ouest a encore sa charpente, sa ruine étant probablement consécutive au démantèlement du portail, vendu au château de la Caze à Laval-du-Tarn en 1910. Les descendants de Camille Samson le vendent ensuite au Conseil Général, qui le revendra en 1995 à des propriétaires privés qui entameront sa reconstruction. Aujourd’hui les tours ne menacent plus de s’effondrer, les toitures ainsi que des pièces du logis ont été restaurées. Le chantier est toujours en cours à l l’heure actuelle, même si le château à d'ores et déjà retrouvé une partie de sa grandeur d’antan.

Charles Casimir de Freyssinet
- Le dernier comte du château -


Charles asimir de Fraissinet était un homme cultivé qui avaient étudié dans de nombreuses villes de France et d’Europe. Il revient à la suite de ces voyages habiter reclu dans son château de Saint-Saturnin. D’après les habitants du village, il passait son temps à recouvrir les murs du château d’écritures indéchiffrables et d’une frise dont les motifs se répétaient à l’infini. Il dormait dans un lit de cordes recouvert d’un linceul et les soirs de tempêtes, il allait s’installer dans la bibliothèque, se taillait la peau et plongeait sa plume directement dans son sang, annotant quantité d’ouvrages désormais maudits. Les habitants racontèrent qu’ils le virent plusieurs fois gravir la montagne muni d’un énorme sac de cailloux, dont il se débarrassait une fois arrivé au sommet et recommençant ainsi jusqu’au levé du jour, tel un malheureux Sisyphe lozérien. Certains autres soirs il se rendait dans la chapelle attenante au château où au cimetière, où ils poussaient des cris effroyables glaçant le sang de tous les villageois. Ce vieillard à la grande barbe blanche était, disait-on, devenu fou de vivre seul dans ce château maudit. Il termina sa vie en 1863 à l’âge de 78 ans. Certains disent qu’il s’est éteint à l’hôpital de Mende où il était soigné pour ses dérives mentales, d’autre affirment qu’il a fini ses jours dans une cabane qu’il avait faite construire dans la forêt. On ne sait si toutes les histoires qui courent sur sa vie sont vraies mais la légende est encore présente dans tous les esprits des habitants du village. Sur sa tombe, toujours visible dans le cimetère jouxtant la chapelle, on peut lire écrit en latin : « Ci-git casimir, comte de freissinet, de naissance illustre, plus noble par sa foi, sa religion et sa vertu austère. »