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Petit patrimoine des Grands Causses

Un petit patrimoine d'exception, classé à l’UNESCO

L’agropastoralisme que les Hommes pratiquent ici depuis des millénaires nous a légué sur les Grands Causses de bien jolies traces disséminées entre les plaines caillouteuses et les forêts de pin : cazelles, jasses, lavogne … mais aussi sublimes fermes à l’architectures caussenarde typique, pour certaine toujours occupées. Ce petit patrimoine fait partie intégrante du paysage, le territoire était classé au titre de « Paysage Culturel de l’Agropastoralisme méditerranéen » par l’UNESCO.

L'architecture Caussenarde

Les vieilles fermes du Causse sont pour la plupart construites sur le même schéma : leurs murs sont en toujours nus, en pierres sèches liées avec un mortier de calcaire broyé, et elles sont couvertes de lauzes. La quasi-absence de bois s’explique par la rareté de cette ressource mais permettait aussi de prévenir des risques d’incendie. Au rez-de-chaussée se trouve la bergerie, dont les voûtes permettent de protéger les brebis de la chaleur en été et du froid en hiver. Un escalier extérieur donne sur une terrasse par laquelle on accède à l’habitation, située à l’étage médian. L’espace d’habitation est composé d’une grande pièce regroupant les fonctions de cuisine, de salle à manger et de chambres. Un escalier ou une échelle en bois permet d’accéder au grenier. Chaque maison possède sa citerne qui permet de récupérer l’eau, rare sur les Causses. Aujourd’hui trop petites pour accueillir les troupeaux des éleveurs qui se sont agrandis, ces belles fermes sont détournées de leur fonction première pour devenir de simples lieux d’habitation ou des gîtes.

Les Cazelles

En vous promenant sur la Causse vous aurez surement l'occasion d'apercevoir des sortes de petites cabanes en pierres sèches, le plus souvent de forme arron­die et voûtée. Ces "Cazelles" furent édifiées par les bergers pour se protéger du soleil, de la pluie et du vent, sur les Causses souvent venteux. Ils les construi­saient selon une technique ancestrale nécessitant un grand savoir-faire. Au XVIIIème siècle les cantonniers, ouvriers qui s’occupaient de l'entretien des routes, s'inspirèrent de ces modèles pour construire des abris le long des routes sur lesquelles ils étaient parfois contraints de rester pour la nuit.

Les Jasses

Les "jasses" sont les sortes de bergeries qu’on retrouve près des fermes ou isolées sur les pâturages. Les jasses de par­cours servaient également d'abris au ber­ger et ses bêtes pendant la nuit, ou lorsque les conditions climatiques, qui peuvent changer soudainement sur ces hauts plateaux, l'exigeaient. Les jasses servaient également à accueillir les brebis en période de gestation (en fin d'été et en automne). Tout comme les maisons caussenardes, ces bâtiments étaient construits en­tièrement en pierres calcaires, et participaient à la récupération d'eau de pluie. Elles sont la plupart du temps voûtées d'ogives. Ce patrimoine typique des Causses qui ne sert plus guère est aujourd'hui menacé. Les éleveurs dont les troupeaux se sont considérablement agrandis, n’utilisent plus ces habitations isolées, qui sont parfois sauvées de la ruine en étant converties en gîte ou habitation secondaire.

Les aires de battage

Les « aires de battage » sont des grandes surfaces planes qu’on retrouve devant les fermes dans les villages et hameaux des Causses, où l’on battait les blés. En effet, une fois la moisson terminée le travail est encore loin d’être achevé pour le paysan : il doit porter les gerbes sur l’aire de battage pour y séparer les grains de l’épi. Ces aires sont toujours installées au soleil afin que la chaleur et la sècheresse fasse éclater les épis plus facilement. Les techniques diffèrent selon les époques et les régions : on frappait d’abord les épis de blé avec des fléaux, tandis que plus tard on utilisera des bœufs ou des chevaux.

Lavogne

Ce sont des sortes d’abreuvoirs aménagés dans des « sotchs », dépres­sions naturelle en forme d'entonnoir qu’on re­trouve sur les Causses. Ceux-ci étaient recouverts par l’homme d’argile servant à contenir l’eau, qui ne resterait pas sur le sol calcaire perméable. La Lavogne ainsi formée, elle permettait aux trou­peaux de se désaltérer. Elle nécessite un entretien régulier car en sai­son sèche l’argile a tendance à se fissurer et à perdre de son étanchéité.

Four à pain

Dans les campagnes lozériennes où la vie était rude et où l’ombre de la disette planait constamment sur la population, le pain était indis­pensable. Avant le développement des boulangeries, les habitants du village se retrouvaient régulièrement autour du four banal, où l’on pro­cédait à sa fabrication. Les fours sont la plupart du temps construits sur le même plan : ils se composent d’un hangar en toit charpenté ou voûté couvert de lauze, ainsi que d’une chambre de chauffe pro­tégée par des murs maçonnés et toujours voûtée afin de conserver la chaleur. Ceux du causse sont pour la plupart construits en calcaire et la toiture en lauze de calcaire.

Métier à ferrer

Le métier à ferrer ou « ferradou » servait comme son nom l’indique à ferrer les animaux utilisés pour le débardage ou les travaux agricoles. L’animal était placé dans le métier, sa tête maintenue à l’avant par un joug et parfois posée sur une pe­tite plaque métallique. On passait ensuite des sangles attachées aux poutres horizontales sous son ventre afin de le soutenir, puis ses pattes une à une sur les poutres en bois paral­lèles au sol, sorte de « reposoirs » afin de faciliter le ferrage.