Découvrez 5 façons insolites d’admirer des panoramas exceptionnels, de l’Aubrac au Causse Méjean, en passant par les Gorges du Tarn.

Le Panorama du Rocher de Roqueprins et sa Via Ferrata

Envie de sensations fortes, de tutoyer les cieux, s’agripper aux roches vertigineuses et de se laisser glisser de l’une à l’autre, tout en surplombant un point de vue exceptionnel ? N’attendez-plus, enfilez vos baudriers et partez à l’assaut de la Via Ferrata du Rocher de Roqueprins. En autonomie, vous aurez tout le loisir d’observer le splendide panorama qui s’étend des Causses jusqu’au Monts de l’Aubrac en passant par la Vallée du Lot, tandis que vous grimperez le filet tendu face au vide ou marcherez sur la passerelle suspendue. Plaisir et sensations fortes garanties !

Randonner de nuit sur le plateau de l’Aubrac jusqu’au Signal de Mailhebiau

« Un panorama de nuit, mais quelle drôle d’idée !? » me direz-vous ! Une idée de génie oui ! Eclairé par la pleine lune, vous ne verrez plus jamais l’Aubrac de la même manière.  Après un périple à travers les immenses pâturages, vous parviendrez au point culminant de l’Aubrac, « Le Signal de Mailhebiau ». La nuit, les sensations sont décuplées : sentez l’air pur du plateau, tendez l’oreille pour écouter les vaches Aubrac ruminer et le souffle puissant du taureau qui surveille paisiblement son troupeau. Cette expérience extraordinaire est encadrée par un guide confirmé, qui vous mènera à à bon port à travers les immenses étendues déserte du plateau. Plus d’information avec Aubrac Sud Lozère.

Le Point Sublime et les mystérieuses Baumes Chaudes

Le grandiose panorama du Point Sublime est connu de tous. Mais peut-on en dire autant du Cirque des Baumes, que celui-ci surplombe ? Il tient son nom des nombreuses Baumes (de l’occitan « baumas » signifiant « grottes »). Parmi elle, la grotte des « Baumes Chaudes » est internationalement reconnue par les spécialistes pour avoir été un habitat des premier chasseurs-cueilleurs. Fouillée par le célèbre docteur Prunière entre 1875 et 1883, elle a révélé un ossuaire de plus de 300 individus. Plus exceptionnel encore : des dizaines de ses individus portent des traces de trépanation, dont on ne sait si elle fut un acte médical ou culturel, et la plupart survécurent à ce traitement. Aujourd’hui, les ossements n’y sont plus, mais la grotte est toujours là, et on peut y accéder par un petit chemin qui descend le long de la falaise.

Le Pas de Soucy et sa légende

Le Pas de Soucy est un des sites touristiques majeurs des Gorges du Tarn. Grâce à un belvédère spécialement aménagé, le visiteur peut découvrir un chaos impressionnant dans lequel le Tarn, moins paisible qu’à l’habitude, vient taper, se frayant un passage entre les rochers pour continuer sa route plus loin encore. Voyageur voguant sur l’eau, mettez ici pied à terre car seul le Tarn franchi le « Pas de Soucy ». La légende raconte qu’ici, la Roche Aiguille et la Roche Sourde se sont mis d’accord pour stopper le diable qui était à la poursuite de Saint-Enimie. Alors que le malin poursuivait la Sainte, qui avait eu l’audace de la chasser de son monastère, la roche sourde se brisa et l’enseveli. La Roche Aiguille arriva à la rescousse et menaça à son tour de s’effondrer, avant que son amie ne lui indique qu’elle l’avait déjà fait prisonnier. Malheureusement, le diable réussit à s’échapper, et on murmure qu’en partant il jura de se venger …

La Baousse del Biel et les vautours fauves

La randonnée de la Baousse del Biel (« la bosse du vieux » en occitan) circule sur les impressionnantes corniches du Méjean pour vous emmener devant des points de vue à couper le souffle. Après un tour dans le hameau de la Bourgarie vous atteindrez le cirque « du bout du monde ». Vous ne tarderez pas ensuite à apercevoir La Bosse du Vieux : arc de triomphe monumental – 40 mètres de hauteur - que la nature a patiemment sculpté pendant millénaires.  Mais le spectacle ne réside pas seulement ici : les corniches vous réservent une vue plongeante sur les Gorges du Tarn, et sur les nombreux vautours fauves. Le « bouldras » a fait de la grande falaise que vous surplombez son lieu de nidification. Un endroit privilégié pour observer le majestueux volatile, surnommé le « roi des cieux ». Veillez cependant à ne pas troubler sa quiétude : il est ici chez lui.

Départ 13h30 de la Malène

Le ciel est bleu et le Tarn qui revêt sa couleur aux reflets émeraudes ondule joyeusement à travers les deux grandes falaises qui l’encercle. Quoi de plus agréable pour découvrir les Gorges que de faire une balade en barque avec un guide qui connait l’endroit comme sa poche ?

Nous montons dans la barque avec Éric, batelier depuis presque 30 ans. Cet amoureux des Gorges a quitté sa vie tranquille à Montpellier et son travail dans l’administration pour venir s’installer sur la terre de ses grands-parents, qu’il venait visiter l’été durant son enfance. Un pari fou, ont dit certains, aujourd’hui récompensé : les Bateliers des Gorges du Tarn, qui proposent leurs services aux touristes depuis les années 1875, sont toujours des figures emblématiques des Gorges, et les générations précédentes ont réussi à perpétuer leur passion et leur savoir-faire à des jeunes gens qui assureront la relève.

La visite avec Éric

Dès le début de la visite nous sommes émerveillés par le paysage : les falaises qui nous surplombent nous offrent des formes à nul autre pareil, l’eau cristalline du Tarn complétant le tableau. Éric nous explique alors avec passion comment se sont formées les gorges, et pourquoi les rochers des falaises prennent parfois des aspects si particuliers.

Il nous explique également sur les 53 km des Gorges du Tarn, 40 résurgences provenant de sources et fournissant en volume la moitié de l’eau de la rivière, permettent de tempérer l’eau à 20° l’été : c’est très important pour les truites qui ne supportent pas une eau trop chaude. Et la rivière n’accueille pas que des truites : dans les airs, sur les falaises ou sous l’eau, les Gorges grouillent de vie. Au cours de la visite nous appercevrons de jolies bergeronnettes grises et des cingles plongeurs au bord de la rivière, tandis que les majestueux vautours fauves tournoient au-dessus des falaises. Certains habitants qui sont de taille plus raisonnable se font pourtant moins discret : la grenouille hurleuse qui porte bien son nom nous étonne par son cri rauque. Il parait que les loutres peuplent de nouveau les eaux cristallines de la rivière … tout comme les castors, qui laissent de nombreuses traces sur les berges. Les étonnantes « grassettes à longues feuilles », plantes carnivores aux belle fleurs violettes, complètent le tableau.

Une rivière exceptionnellement préservée

Si toutes ces espèces peuplent les Gorges, c’est parce que la Tarn est une rivière exceptionnellement préservée. De son point de départ jusqu’ici, il n’aura traversé aucune ville excepté Florac : ainsi, pas d’industrie et peu d’habitations sur son sillage, il arrive ici presque vierge de toute source de pollution. La Lozère, surnommé « le pays des 1 000 sources », compte 3 000 km de rivière classée en 1er qualité pour leur eau : un taux exceptionnel pour ce département où la nature est reine.

Nous arrivons aux Détroits : c’est ici la partie la plus haute et la plus étroite des Gorges, de la berge jusqu’au haut des falaises, 500 mètres nous séparent. Notre guide nous confesse que c’est ici sa partie préférée des Gorges. Et l’on comprend pourquoi : les falaises qui nous encerclent sont à nul autre pareil. Comment ne pas se sentir privilégié quand on sait que cette vue digne des plus belles cartes postale est uniquement accessible de la rivière ?

Sur les traces de nos ancêtres

En continuant notre balade sur l’eau, nous voilà devant le charmant hameau de la Croze à l’architecture typique : habité dès le XIIème siècle, il prend désormais vie pendant les quelques mois d’été. Si la nature ici est reine, les humains ont su dès la nuit des temps vivre en harmonie avec elle. Certaines « baumes », grottes qu’abritent les falaises, ont accueillis des Hommes dès le néolithique, et l’on trouve au cœur des Gorges des traces d’habitations dès le Vème siècle de notre ère ! Éric nous indique que la route des Gorges que nous avons empruntée pour venir, n’a été construite qu’en 1905 … difficile de s’imaginer vivre ici, avec pour unique moyen d’accès et de transports des marchandises, les barques ! Pas étonnant si les bateliers ont ici toujours occupé une place indispensable, et l’on retrouve des traces de l’utilisation de la barque dès le VIème siècle.

On profite encore un peu du paysage avant que la balade ne s’achève … cette bonne heure en compagnie de notre guide nous aura semblée ne durer qu’un instant ! On est bien ici à voguer sur la Tarn, au rythme de la rivière qui ondule. On le laisse continuer sa course tandis qu’on accoste sur une plage, et nous laissons guider par le mini-bus jusqu’à notre point de départ, des images toujours plein la tête, avec l’envie de recommencer encore et encore !

Après une rando sur l'Aubrac ...

Nous avons testé pour vous l’aligot, plat emblématique de l’Aubrac. De nombreuses légendes courent sur sa création. Toujours est-il qu’on peut encore le trouver sur le plateau de l’Aubrac, et qu’il est toujours aussi réconfortant, quel que soit le contexte où on le déguste. Pour nous, ce sera après une jolie marche de quelques heures. Ce matin nous nous sommes levés aux aurores pour profiter d’une randonnée sur le plateau avant le soleil de l’après-midi. Nous nous arrêtons aux environs de midi, heureux d’avoir parcouru plus d’une dizaine de kilomètres à travers des paysages à couper le souffle : grandes étendues à perte d’horizon, cours d’eaux qui se terminent en cascades, forêts de hêtres mystérieuses …

... on reprend des forces à l'auberge du Radal !

C’est donc épuisés mais heureux que nous nous attablons à midi à l’auberge du Radal pour déguster le fameux plat de l’Aubrac. L’aubergiste connait son métier : il le prépare devant nos yeux tout en parlant avec amour de son pays. Avec force et dextérité, il fait filer l’aligot de plus en plus haut, jusqu’à ce qu’il l’estime prêt à être dégusté. Pas de temps à perde : une fois que le plat arrête de chauffer, il faut le manger sans attendre, sous peine de voir l’aligot « retomber ».  

https://youtu.be/aHENNBCG5N8

Un repas copieux et savoureux ...

Charles Dauban s’approche de nous et nous sert habilement l’aligot, directement dans notre assiette. Il faut dire qu’il a de l’entrainement. La famille Dauban a « l’Aubrac au cœur », comme ils disent. Depuis 1975, elle tient cette auberge perchée sur le Col du Trébatut. Située à l’entrée du haut plateau, sur la route des Lacs, elle accueille depuis toujours une clientèle de fidèles mais aussi de gens de passages. Depuis quelques années, on y retrouve de plus en plus des randonneurs qui s’y arrêtent pour une pause bien méritée, avant de continuer leur chemin vers Saint-Guilhem-le-Désert ou Avignon. L’accueil y sera pour tous chaleureux, tandis qu’il préparera l’aligot devant leurs yeux.

Une fois l’aligot servi aux côtés d’une bonne pièce d’Aubrac, la dégustation peut commencer. Amoureux du fromage, ce plat est fait pour vous : la tomme file au fur et à mesure qu’on fait tourner la fourchette, et une fois en bouche sa saveur n’a pas de comparaison. Il en faut cependant peu pour remplir un estomac. L’assiette est largement suffisante et nous refusons du rab quand Charles nous le propose. Nous voisins de tables sont moins raisonnable de nous puisqu’ils en reprennent volontiers.

... suivi d'une balade jusqu'au point de vue du Radal

Un dessert avalé et le repas terminés, nous décidons de clore cette sortie au Trébatut par une petite marche digestive direction le Radal, point de vue à 180° perché à quelques centaines de mètres au-dessus de l’auberge. De là-haut, on admire la Vallée du Lot d’un côté et le début des Mont d’Aubrac de l’autre, tandis qu’une table d’orientation nous aide à nous repérer dans l’espace.  On admire pendant quelques minutes le paysage devant nos yeux, tandis qu’on se dit que l’on mangerait bien un bon aligot pour le repas du soir …