Transcription du podcast en français
Vous voici sur le parking des bateliers. Ici, autrefois, il n’y avait pas de parking, pas de voitures garées. Juste le Tarn qui s’écoulait, permettant aux barques touristiques de suivre le cours de la rivière pour conter l’histoire des Gorges du Tarn…
Contrairement à aujourd’hui, on ne remontait pas les barques en navette, mais directement par la rivière ! Vous vous doutez bien que pour revenir à contre-courant, il ne fallait pas être seul. Il fallait au moins trois personnes pour tirer la barque et lutter contre le courant, sans moteur. Sur les parties les plus accessibles un cheval venait parfois nous prêter main-forte. Malgré ce, c’était un travail très physique, mais il fallait bien ça pour faire vivre les bateliers… et le tourisme !
En plus de cette activité touristique, les Vignes a été le premier village du secteur à bénéficier de l’électricité. Et tout ça grâce à la force de l’eau, bien sûr ! Deux moulins tournaient alors jour et nuit. Le premier se trouvait non loin d’ici, à l’emplacement actuel de la centrale hydroélectrique que vous trouvez sur votre gauche. Le second se situait en direction du Rozier, au Moulin de Parayre.
Ce moulin à foulon permettait de transformer autrefois le chanvre en tissu. Il est ensuite devenu un moulin meunier, avant d’être équipé d’une turbine pour produire de l’électricité. Et aujourd’hui encore, ces deux installations continuent à produire de l’énergie grâce à l’eau
Et la nuit… Ah, la nuit, c’était un tout autre monde, bien loin du tourisme…
Les pêcheurs connaissaient de nombreuses astuces pour attraper de grandes quantités de poissons et faire leurs affaires loin des regards. La pêche à la luminade, vous connaissez ?
C’était interdit, bien sûr… mais il fallait bien nourrir la famille !
Les pêcheurs allumaient un feu à l’avant de leur barque, que l’on appelait le panal. Cette lumière attirait les poissons et permettait de les harponner plus facilement. Et pour éviter les gendarmes, certains allumaient un autre feu un plus loin afin de détourner leur attention.
On raconte même que les pêcheurs savaient s’attirer la bienveillance de la marée chaussée : quelques truites offertes suffisaient parfois à leur faire fermer les yeux… Les poissons, eux partaient vers Millau pour être vendus en toute discrétion. C’était une autre époque, où les histoires des anciens avaient toujours une part de vérité… et une part de légende. Sacrés pescaïres !
Aujourd’hui, il n’y a plus de braconnage ni de barques sur cette partie du Tarn. Les canoës ont remplacé les barques, mais le village vit toujours en grande partie grâce au tourisme. Si vous tendez bien l’oreille, vous entendrez peut-être encore les barques s’éloigner des berges, les pêcheurs chuchoter au loin dans la nuit, ou le bruit des moulins qui tournent sans fin…
