La collégiale Saint-Martin

à La Canourgue

Découvrez l'une des plus importantes églises de Lozère

La Collégiale Saint-Martin à La Canourgue

Le village de La Canourgue s'est créé autour d'un monastère, dont la collégiale Saint-Martin est le dernier vestige.

Toutes les sources s’accordent à dire que le village de La Canourgue s’est développé autour d’un monastère aux alentours du VIIème siècle de notre ère. Une pièce de monnaie frappée aux ateliers royaux de Banassac sur laquelle il est inscrit « SCI MARTINI » « fait à Saint-Martin » atteste en effet de la présence d’un monastère dès la période mérovingienne. On appelle encore traditionnellement l'église Saint-Martin une "collégiale" car elle fut desservie par des chanoines. Ces derniers on même participé à nommer le bourg monastique : en occitan chanoine se dit "canougiès" et "canonica" en latin.

 

On dit que le monastère Saint-Martin était réputé au VIIIème siècle pour ses reliques. Elles ont sûrement contribué à son essor. Le culte des reliques est à cette époque en pleine expansion et celles-ci sont très convoitées puisqu’elles permettent aux établissements monastiques d’acquérir une certaine renommée et légitimité. Elles assurent aussi une source de revenu non négligeable, attirant chaque jour une foule de pèlerins. A ce jour il ne reste rien des reliques du monastère canourguais, nous ignorons tout sur leurs origines et ce qu’il en est advenu … à moins que la collégiale ne nous ait pas encore dévoilé tous ses secrets …

Au Xème siècle, le monastère a perdu sa splendeur d’antan : les seigneurs locaux se sont emparés des richesses de l’Eglise, et l’on dit que les doyens et les prévôts du monastère sont des laïcs mariés qui oppriment les clercs. Afin de chasser le péché de simonie hors de La Canourgue, l’évêque de Mende Aldebert de Peyre décide de faire don du monastère à l’abbaye Saint-Victor-de-Marseille. La charte est signée le 4 juillet 1060 dans le cimetière qui jouxte l’église de Saint-Frézal. Les moins bénédictins de Saint-Victor sont envoyés pour officier à Saint-Martin, qui porte désormais le titre de « prieuré conventuel » : c’est-à-dire qu’il est placé sous l’autorité d’une abbaye mais a le droit de posséder lui-même d’autres prieurés.

On pense que c’est avec le renouveau amené par les moines bénédictins en cette fin du XIème siècle qu’a débuté la construction de l’église actuelle. Les vestiges de cette époque sont peu nombreux, la collégiale ayant subi les vicissitudes du temps. Il nous reste de l’édifice roman les collatéraux voûtés d’arêtes ainsi que le chevet muni de son déambulatoire et de ses chapelles rayonnantes voûtés en cul de four. Ce dernier, unique en Lozère, rappelle les grandes églises de pèlerinage de style « Auvergnat ». Au XVème siècle, on change la voûte romane de la nef pour des voûtes d’ogives de style gothique. A la même époque, on intercale des chapelles carrées voûtées d’ogives entre les chapelles rayonnantes romanes. En 1670, les deux premières travées de l’édifices, surmontées d’un clocher roman, s’effondrent. Elles ne seront jamais reconstruites et l’on érige une façade quelque peu austère pour fermer de nouveau la collégiale. Un clocher de plan carré a été reconstruit dans la foulée, au-dessus du collatéral sud.

La collégiale Saint-Martin a traversé les siècles avec brio et ses multiples transformations n’enlèvent rien au charme de l’édifice. Au contraire, elles le magnifient, le subliment, exposent au grand jour les époques qu’il a parcouru, et par là- même nous livre son Histoire et ses secrets.