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Village Les Vignes situé dans les gorges du Tarn.

Petits commerces et grands secrets

Sentier d'interprétation des Vignes

 

 

Petits commerces

et grands secrets par Paul le vigneron
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Petits-commerces-et-grands-secrets.mp3Petits-commerces-et-grands-secrets.

Transcription du podcast en français

« Vous voyez, j’ai encore beaucoup de choses à vous raconter sur mon village. Ici, aux Vignes, on a longtemps vécu davantage du commerce que de l’agriculture. Mais le commerce d’autrefois n’avait rien à voir avec celui d’aujourd’hui. Certaines affaires étaient parfaitement légales et d’autres, disons-le, un peu moins. Dans ce coin des gorges, on savait être commerçant et parfois aussi un peu malin pour faire tourner les affaires. Autant dire qu’ici, le commerce, on le connaissait déjà bien.

Regardez autour de vous. Avez-vous remarqué tous ces pins noirs accrochés aux falaises des gorges et surtout sur les Causses ? Leur bois était très utilisé autrefois, notamment pour fabriquer des charpentes. Et ici, rien ne se perdait. Les sciures servaient de litière dans les bergeries des Causses. On raconte même qu’une partie de ce bois était revendue à l’armée pour fabriquer des armes. Quant aux fibres de bois, elles servaient d’emballage pour les fromages. Un moyen simple et efficace de les protéger et de les conserver.

Et tant que je vous parle des pins, entre Les Vignes et Le Rozier, et au Détroit surtout, pousse une espèce assez rare : le pin de Salzmann, une sous-espèce de pin noir capable de vivre dans des conditions très difficiles avec très peu d’eau et de nutriments. Certains de ces arbres auraient environ 500 ans, peut-être même davantage pour ceux qui poussent dans les endroits les plus inaccessibles. Vous imaginez tout ce qu’ils ont vu passer dans les gorges du Tarn ?

Mais revenons à nos moutons. Autrefois, ici, aux Vignes, les activités étaient nombreuses : la pêche en rivière, un forgeron réputé dans toute la région, une magnanerie avec la culture de mûriers blancs pour produire de la soie, sans oublier la vente de vin ou de noisettes.

Et puis, il y avait un commerce un peu moins officiel : le braconnage. Peaux d’animaux pour les tanneries de Millau, chasse aux grives et d’autres oiseaux pour les revendre, même si les tendelles, elles, étaient autorisées, ou encore la pêche à la luminnade.

Enfin, la terre très calcaire autour du village a aussi favorisé la culture de la truffe. Au début, on récoltait surtout des truffes sauvages, puis des chênes truffiers ont été plantés. La plus ancienne plantation connue date d’environ 50 ans. Aujourd’hui encore, la truffe reste l’un des derniers héritages de ces anciens commerces. »