Les Hermaux

Découvrez les Hermaux, petit village pittoresque de l'Aubrac

« Et voilà les maisons qui s’étagent les unes sur les autres pour tenir moins de place, des murs de couleurs sombres qui s’élèvent en tous sens. De ces maisons, les unes s’élèvent subitement, d’autres s’abaissent de même ; les unes se regardent de front et d’autres de travers ; les unes se voient de face et d’autres de profil ; il en est qui voisinent seulement par un angle ou se tournent le dos et sont d’autant plus étrangères qu’elles sont plus voisines. Sur ces murs, à l’aspect si sombre, s’élèvent des toits de même couleur. Il y a des rues, sans doute, au milieu de ce village. On serait bien tenté de croire le contraire en voyant ce fouillis de maison jetées pêle-mêle les unes sur les autres. »

Abbé Darde, curé des Hermaux au début du 20ème siècle

Le Village des Hermaux

Batî sur les contreforts de l’Aubrac, les Hermaux dominent la vallée de Saint-Germain du Teil. La commune s’étend du Col de Bonnecombe à celle de l’Aurolle. Son patrimoine préservé témoigne de son histoire pittoresque, au temps où la vie des hommes était bien rude en Lozère et sur le plateau de l’Aubrac. Depuis 1976, une quarantaine de lauzes posées par des enfants du pays témoignent du nom donné autrefois aux passages, chemins et lieux-dits. Ses habitants sont appelés les Hermalziens et les Hermalziennes.

Un peu d'Histoire

A la découverte du village ...

L’origine du village est malheureusement floue car elle s’est perdue dans la nuit des temps. On sait qu’un château a existé, sur la place près de l’église.  Le seigneur des Hermaux était alors à l’époque le baron de Canilhac, qui rendait hommage aux seigneurs de Peyre. Ceux-ci relevaient eux de l’évêque de Mende, qui possédait sous décret du roi une grande partie des terres du Gévaudan. Le château était un ouvrage défensif, protégeant les Hermalziens et les terres du seigneur se trouvant au confins les plus élevés de sa baronnie. Des remparts qui entouraient le village autrefois, il ne reste qu'une unique porte. Les gens qui arrivaient de l’Est n’avaient d’autres choix que de la franchir pour pénétrer dans l'enceinte du bourg. Rendez-vous compte que jusqu’en 1875, la commune ne possédaient pas une seule route praticable de communication avec les autres communes ! On construisit alors cette année-là la route allant de Saint-Germain du Teil au village en passant par les hameaux du Mascoussel et de la Fabriguette.

La Maison du Cadet et les plaques des villages

Allez voir la "maison du Cadet" et observez son beau porche, typique de l'architecture des Hermaux. Elle est appelée de la sorte en référence au maire du village, « cadet » en occitan. Celui-ci vivait encore ici il y a quelques décénies. Vous pouvez voir le nom de la maison inscrit sur des plaques de lauze. Des enfants du pays, le couple Bouchier, les ont réalisés en 1976. 45 plaques similaires sont disséminées dans le bourg. Ecrites en occitan et en français, elles perpétuent les anciens noms donnés aux rues, aux places et aux maisons du village. Elle contribuent à sa mémoire ainsi qu'à celle de ces habitants. Jadis, le village se suffisait à lui-même car il possédait de nombreux corps de métiers. En 1845 on dénombrait 686 habitants pour 144 maisons. Il y avait alors un cordonnier, un forgeron, un tailleur d’habits, un tailleur de pierres, un meunier, un tisserand ... Certaines des ces lauzes indiquent les maisons où ces gens vécurent (la place du cordonnier, la maison du forgeron...).

 

La peste évitée

Il ne fait pas bon vivre en Gévaudan en l’an 1720. Après une grande famine ayant profondément affaibli le peuple, le fléau de la peste s’abattit sur lui. Il est probable que celle-ci fut ramenée par le commerce de laine venue de Smyrne, en Asie Mineure, actuelle Turquie. C’est un malheureux marchand qui l'aurait ramenée au hameau de Corréjac, près d’Auxillac, en revenant d’une foire à Saint-Laurent d’Olt où il aurait été en contact avec des tissus contaminés. Par peur de voir ce fléau arriver aux Hermaux, le curé de l’époque organisa une mission prêchée par le père Valette. Le jour de la clôture, le 14 septembre 1722, on érigea une croix dédiée à Saint-Roch au milieu de village. Voici un extrait de l’acte de voeu déposé par le curé aux archives :
« considérant et voyant avec regret et douleur que la peste ou mal contagieux s’augmente de plus en plus autour et voisinage de la dite paroisse des Hermaux, que la source et la cause de ce fléau dont nous sommes menacés ne peut procéder que des péchés dont nous avons le malheur de commettre si souvent, reconnaissant que c’est un effet de la colère de dieu et que pour apaiser et calmer, nous sommes résolus de nous disposer à la mort et nous mettre sous la protection du glorieux et bienheureux St-Roch en faisant à son honneur une confession sincère de tous nos pêchés et une sainte communion pour obtenir de Dieu par son secours tout ce qui nous sera nécessaire pour le temps et pour l’éternité ». D’aucuns affirmeront que cet initiative fut efficace car le mal qui a décimé plus de la moitié de la population des villages de Banassac et de La Canourgue n’a pas atteint les Hermaux, tout comme il a épargné les villages du Mandement de Nogaret (Trélans, Saint-Germain du Teil et Saint-Pierre de Nogaret) et des Salces.